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27 mars 2014

« Le volontariat me permettra de renforcer mes capacités professionnelles », interview avec Hermann, volontaire francophone en Roumanie

« Le volontariat me permettra de renforcer mes capacités professionnelles », interview avec Hermann, volontaire francophone en Roumanie

Hermann, de nationalité béninoise effectue actuellement une mission en tant que Volontaire internationale de la Francophonie en Roumanie. Lisez son interview et découvrait son expérience, l’ambiance interculturelle et les bénéfices de cette expérience.

1. Pour commencer, peux-tu nous en dire plus sur toi ?

Je suis NOUNAWON KEKERE Djidjoho Hermann, de nationalité béninoise, Afrique de l’ouest, je suis juriste de formation avec une spécialité en droits de l’enfant.

2. Tu fais un volontariat international de la Francophonie en Roumanie. Dans quelle institution tu es affecté? Quelle est ta mission et quelles sont tes principales tâches en tant que volontaire?

En Roumanie, je suis affecté au sein de la Fédération des ONGs pour l’Enfant (FONPC) en qualité d’assistant de projets. Mon mandat consiste d’assister la direction exécutive de la FONPC dans la réalisation de divers projets tant dans la conception, la rédaction et la réalisation. J’appuie aussi la FONPC dans la recherche de nouveaux partenariats avec d’autres fédérations dans le monde francophone ou non. J’aide la FONPC dans l’organisation logistique de toutes les réunions, ateliers, et séminaires ou autres ; j’anime une newsletter hebdomadaire en anglais et en français qui contient une compilation de toutes les informations relatives aux droits de l’enfant dans le monde à travers internet. J’apporte mon expertise sur tous les sujets relatifs aux droits de l’enfant.

3. Quel parcours as-tu suivi avant ta mission ; qu’est-ce qui t’a donné envie de partir?

Depuis une dizaine d’années j’ai participé à tous les programmes de jeunesse de l’OIF, du premier sommet consacré à la jeunesse en passant par le programme de mobilité des jeunes (PMJ), du Conseil International de la Jeunesse francophone (CIJEF) et maintenant au volontariat. Depuis 2008, au Bénin, je suis bénévole au sein de l’association « Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture », membre de la Fédération Internationale des ACAT (FIACAT) dont le siège est à Paris. Dans cette association, je m’occupais de la problématique des mineurs en conflit avec la loi, c'est-à-dire en prison. Sur le plan professionnel, avant d’être volontaire, je suis fonctionnaire de l’Etat béninois au Ministère de la Justice de la Législation et des Droits de l’Homme depuis 2003. De 2003 à 2010, j’ai exercé en qualité de greffier d’audience au tribunal de première instance de Porto Novo (capitale du Bénin), de 2010 au jour de mon départ pour le volontariat, j’étais au département des droits de l’homme du ministère en tant qu’assistant du Directeur. A ce poste je m’occupe de la politique nationale béninoise relative aux droits des enfants et des rapports internationaux devant les instances onusiennes.

Mon envie de partir réside dans mon désir d’avoir une expérience à l’international car mon rêve est de servir dans une organisation internationale.

4. Penses-tu que le Volontariat international t'apportera des opportunités pour ton développement personnel et professionnel?

Oui bien sûr, le volontariat me permettra de renforcer mes capacités professionnelles. A mon retour, sans doute que la direction des droits de l’homme en bénéficiera mais personnellement, cela me permettra de mieux apprécier le travail dans un environnement multiculturel et linguistique et si possible décrocher un emploi à l’international.

 

Comment s’est passée ton intégration en Roumanie? Pourras-tu nous décrire tes premières impressions lors de ton arrivée?

Mon intégration en Roumanie se passe très bien, beaucoup mieux que je pouvais l’imaginer. D’abord, en moins d’un mois tous les préjugés que nous diffuse les médias sur le pays se sont révélés non fondés. D’abord ma structure d’accueil a bien préparé mon arrivé, accueil à l’aéroport, réservation d’hôtel, recherche rapide de logement, en 48h, j’étais dans mon propre appartement et le travail a commencé sans oublier leur appui toutes les démarches administratives et bancaires. C’est le lieu pour moi de remercier Daniela Georghes , la directrice de la FONPC et toute son équipe.

Contrairement à ce qu’on m’a dit à Paris, dans la rue, personne ne m’a insulté, personne ne me regardait méchamment, au contraire, les roumains sont courtois, respectueux et surtout TRES DISPONIBLE à servir l’étranger. Pour la petite histoire, il m’est arrivé plusieurs fois de demander la route à un roumain qui abandonne son chemin, m’accompagne jusqu’à destination et retourne avec un sourire remarquable. Contrairement à ce qu’on m’a dit, les « black » ne sont pas mal vus ici, au contraire, bien intégré, en tout cas, pour ce que j’observe depuis que je suis là. Il parait même que les roumaines en raffolent (riiires). Les roumains sont des gens de fêtes, les nuits sont très animées et les restaurants bien remplis. Je me sens très bien ici et si j’ai des opportunités ici je pourrai rester à la fin de ma mission.

Mes impressions sont donc très bonnes sur un pays dans lequel j’ai rencontré jusque là des personnes magnifiques, mes voisins d’appartement s’intéressent à moi, à ce que je fais comme travail dans le pays et aux réalités de mon pays.

La Roumanie n’est pas un pays pauvre, contrairement à ce qu’on m’a dit, un pays à un débit d’internet très élevé ; j’ai entendu dire que c’est le 3e pays le mieux connecté à internet au monde (vitesse internet).

6. As-tu traversé des moments difficiles?

Oui, j’ai traversé des moments difficiles. D’abord, le stress d’attendre à Paris, le visa d’entrée en Roumanie pendant plus d’une semaine, de retourner dans mon pays avant de rejoindre mon poste finalement plus de deux semaines après le départ de tout le monde. C’est aussi le lieu de remercier particulièrement l’Equipe VIF qui m’a soutenu, conseillé et accompagné pendant cette période ; je dis merci surtout à Monique, Mireille et au Directeur de la jeunesse et de l’éducation qui m’ont prodigué de nombreux conseils. Je ne finirai jamais de les remercier.

Ensuite, la solitude, il arrive des week-end que je passe seul dans ma chambre, cela me stressait beaucoup mais très vite j’ai décidé de bouger et les anciennes techniques du PMJ m’ont permis de me faire quelques amis et désormais plus d’ennuis.

Enfin, l’obtention du permis de séjour, comme le visa d’entré, il a connu de retard et il a fallu encore la mobilisation de l’équipe VIF pour m’aider, c’est pour cela que je ne cesserai jamais de remercier Monique et toute l’équipe : MERCI et grand MERCI.

Par ailleurs, je ne sais pas si je vais désigner la ROUMANIE comme un pays francophone ou francophile car je rencontre très peu de personnes qui parlent le français. Ici c’est le roumain et l’anglais qui dominent. Parfois, la communication est difficile et c’est encore là qu’on retrouve le sens de l’hospitalité et d’accueil du roumain, même s’il ne comprend pas ta langue il fera tout pour comprendre ce que tu demandes et t’aider.

7.Un conseil pour les jeunes francophones ?

Le seul conseil à donner aux jeunes francophones est d’OSER, OSER CROIRE, OSER AGIR, OSER AVANCER, la récompense viendra un jour.

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